Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la journée de 8 heures ainsi que les congés payés contribuent à transformer progressivement les mentalités. Le travail dicte toujours les journées, mais les loisirs prennent une part croissante dans le quotidien : il y a une vie en dehors de la mine !
Signe d’une communauté de plus en plus solidaire, les habitants des cités s’organisent à partir des années 1950 pour construire collectivement les équipements sportifs et culturels qui leur font défaut. La Direction fournit les matériaux, les mineurs investissent leur temps et leur force de travail. C’est ainsi que sortent successivement de terre à Nyoiseau la chapelle Sainte-Barbe et la salle des fêtes de Bois II, le stade de football de Brèges et la baignade de l’Oudon. M. Albert, géomètre des Mines de Fer, dessine le plan du vélodrome de Noyant-la-Gravoyère, tandis qu’on construit le stade des mines à Segré.
La puissance du sport comme outil de cohésion sociale n’est plus à démontrer. La Direction des mines l’a bien compris qui facilite la création d’une équipe de mineurs. Sur les traces du célèbre Raymond Kopaszewski dit Kopa, lui-même fils de mineur, ils défendent leurs couleurs face aux équipes des communes voisines.
Organiser l’oisiveté
Après-guerre, il s’agit pour l’Église comme pour la Direction des Mines de conserver une influence sur cette communauté ouvrière en voie d’émancipation.

Les cadres de la société se montrent ainsi en tête de toutes les cérémonies religieuses. La société participe au financement des vacances des enfants dans la colonie du Cormier, près de Pornic, fondée au début des années 1960 par le curé de Nyoiseau.

Au fil du temps, les mineurs finiront par s’approprier la fête de la Sainte-Barbe, emblématique de la communauté. Celle-ci perd progressivement sa connotation religieuse, traduisant le recul de l’influence de l’Église et des notables locaux.